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LUNDI 12 DECEMBRE 2005
Le Dossier
Réfugiés dans le
Calaisis ?
Combien
sont-ils ? A peu près 200 à 400, suivant les jours et les comptages, de
114 nationalités différentes recensées en 2005.
En ce début
d’hiver chacun craint des accidents voire des morts dues au froid. Le
Préfet suit les ordres de Nicolas Sarkozy, venu à Calais récemment et le
souhait - rarement assumé en public – de certains élus du Calaisis et de
nombreux Calaisiens : les faire disparaître du paysage !
Plus de 800
policiers, gendarmes et CRS sont
présents dans la ville avec pour mission d’interpeller les réfugiés et de
contrer la délinquance qui s’organise au sein des communautés. Les petits
et grands passeurs, organisés ou occasionnels, s’enrichissent en effet sur
le dos de ces émigrants du XXIème siècle en leur
faisant miroiter un passage payant de plus en plus difficile vers la Grande Bretagne
et en mettant en place des trafics lucratifs divers.
Les autorités
judiciaires et préfectorales déplacent les familles et les plus jeunes en
CADA* ou en CHRS*, organisent quelques reconduites volontaires ou non vers
les pays d’origine. Le CRA (centre de rétention administrative) va passer
de 80 places à 97 places en 2006. Il ne désemplit pas. La tolérance zéro
est appliquée envers les squats de fortune où les réfugiés tentent de se
reposer la nuit, ou sur les bénévoles qui seraient tentés de les héberger.
Pendant ce
temps on tente de colmater toutes les brêches du
port ou du tunnel qui permettent de traverser la Manche. La CCI,
concessionnaire du port a déboursé des sommes astronomiques pour
« sécuriser » ses installations et mettre en place les toutes
dernières technologies de surveillance et de contrôle des véhicules.
Aux côtés des
réfugiés, les bénévoles du collectif d’associations C’SUR* assurent une
distribution de vivres chaque jour, soignent les petits bobos, donnent
quelques vêtements chauds, offrent quelques douches… Ils s’essoufflent à
assumer une mission chaque jour de plus en plus difficile
Deux logiques
s’affrontent. La pièce de théâtre est posée… Les solutions n’existent pas
localement et pourtant chacun veut jouer sa partition. Récupération, vous avez dit récupération ? Quelques
militants d’extrême gauche soufflent sur les braises au nom de la liberté d’immigration et
d’installation, quelques policiers excédés ou mal formés appliquent mal
leurs ordres, dédouanés à priori par leur hiérarchie, la majeure partie des
Calaisiens compatît mais aimerait que le problème soit résolu et que
disparaissent ces petits groupes errant dans les rues de la ville et des
communes rurales alentour. Le Front National commence à pointer le bout de
son nez populiste en attisant la haine de l’étranger.
On oublie
d’abord que ces jeunes migrants, des hommes en majorité, partis de leur
pays parfois depuis des mois n’ont que peu de moyens de subsistance et que
l’eldorado britannique apparaît tellement proche une fois parvenus à
Calais. Le problème n’est pas franco-français et demeure mal pris en
considération par l’Union Européenne. Mais des raisons objectives prévalent
à cette situation qui perdure et qui lance sur les routes européennes des
milliers d’hommes et de femmes piégés à Calais et dans les ports de la
façade littorale européenne…
C’est bien la non-adhésion britannique aux accords de Schengen qui
fait de Calais une frontière extérieure à cet espace. De plus, la non
répression du travail au noir en Angleterre et l’absence d’obligation de
carte d’identité outre-Manche fait de la Grande-Bretagne un paradis pour
migrants en mal d’intégration rapide. Le communautarisme de la société
anglaise organisé et assumé par les gouvernements successifs permet à
chaque migrant d’espérer, une fois sur place, le soutien de ses
compatriotes déjà installés. Il semble que le gouvernement de Tony Blair
ait décidé de durcir les conditions d’accueil et de résidence des migrants
ces derniers mois.
Sous couvert
d’anti-terrorisme, les législations nationales se renforcent de chaque côté
du channel. Nicolas Sarkozy, depuis la fermeture du camp de Sangatte
utilise médiatiquement le phénomène mais n’a rien réglé. Beaucoup de bruit
et de violences pour pas grand-chose. Car les solutions n’existent pas au
plan local.
La plupart des
migrants veulent passer en Angleterre. C’est bien la non adhésion
britannique aux accords de Schengen qui fait de Calais une frontière
extérieure à cet espace européen. De plus, le travail au noir possible et
l’absence de carte d’identité outre-Manche font de la Grande-Bretagne
un eldorado présumé pour les
migrants. Le communautarisme assumé de la société anglaise permet à chaque
migrant d’espérer, une fois sur place, le soutien de ses compatriotes déjà
installés.
*CADA : Centre
d’accueil des demandeurs d’asile
*CHRS : Centre d’hébergement et de réinsertion sociale:
*C’SUR : Collectif de
soutien d’urgence aux réfugiés
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PROCHAINEMENT AU SOMMAIRE
Peux-t-on
vaincre le chômage dans le Calaisis ?Nos liens
L’économie et l’emploi à Calais
L’environnement et le développement durable dans le
Calaisis
La gestion des collectivités et institutions du
Calaisis
Du côté des associations du collectif CSUR d’aide aux
réfugiés…
Les media locaux
Les forces politiques en présence à Calais
En direct des associations du Calaisis
En direct des élus
En direct des syndicats
Le courrier des internautes
Le forum
Le trombinoscope des gens du Calaisis
Les photos et vidéos d’actualité
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